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Les détecteurs de fumée, obligatoires, auraient déjà permis de sauver 400 vies

Les détecteurs de fumée, obligatoires…
Selon un premier bilan de la loi Morange qui a obligé, il y a deux ans, tous les foyers français à s’équiper en détecteurs de fumée, le dispositif a réduit la mortalité due aux incendies domestiques de 25% par an.

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Sa sonnerie à 85 décibels n’est certes pas agréable à entendre. Mais son efficacité est réelle. Le détecteur autonome avertisseur de fumée (Daaf), qui s’est immiscé dans les foyers français le 8 mars 2015, aurait permis de réduire d’un quart le nombre de victimes d’incendies domestiques, selon un premier bilan dressé ce lundi par les ministres Bruno Le Roux (Intérieur) et Emmanuelle Cosse (Logement), et relayé par RTL. Le nombre de victimes, sur deux ans, serait donc passé de 1600 à 1200, depuis la généralisation du système à tous les foyers en mars 2015.

Le 10 janvier, notamment, en Alsace, trois enfants d’une même famille ont ainsi pu être sauvés grâce au détecteur de fumée, à Oberhaslach (Bas-Rhin). L’incendie s’étant déclaré vers 6h du matin alors que les parents étaient partis travailler, une petite fille de 5 ans et ses deux grandes sœurs de 15 et 16 ans ont été alertées par l’alarme et ont pu s’enfuir rapidement, raconte France Bleu Alsace. L’utilité du détecteur et de son alarme stridente s’explique notamment par le fait que la plupart des incendies domestiques ont lieu la nuit, alors que les occupants sont endormis.

Initiée par Josiane Bosyco, une mère dont la jeune fille de 17 ans est morte en 2002 dans un dramatique incendie, la loi Morange imposant l’installation à tous les foyers d’un détecteur a été promulguée en 2010, mais il a fallu attendre cinq ans avant qu’elle n’obtienne une véritable force contraignante. En Grande-Bretagne où les détecteurs sont obligatoires depuis les années 90, le nombre des décès due aux incendies domestiques aurait déjà diminué de moitié, avec un taux d’équipement estimé à 85% en 2014.

Encourageant, mais insuffisant

Malgré leur installation obligatoire en 2015, une minorité de foyers n’est toujours pas équipée à ce jour. Certains particuliers débranchent par exemple leur appareil, jugé défectueux, se plaignant de sonneries intempestives causant gêne, fausses alertes et interventions inutiles des pompiers. En février 2016, plus d’un Français sur dix n’avait pas encore installé de détecteur de fumée chez lui, contre 44% un an plus tôt, selon un baromètre BVA-KIDDE.

Autre problème qui entrave l’efficacité du dispositif : une information lacunaire sur le dispositif et le mauvais entretien des appareils, dont les piles doivent être changées régulièrement. Raison pour laquelle le gouvernement lance ce lundi une campagne de communication et de prévention sur les risques domestiques. Enfin, le manque de fiabilité de certaines marques de détecteurs peut aussi expliquer ces résultats mitigés : entre janvier 2013 et août 2015, «neuf avis de rappel volontaires (avaient) également été publiés par les professionnels du secteur», selon le gendarme de la consommation et de la concurrence, la DGCCRF.
 

Article réalisé par LE PARISIEN